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2025
année terrible
Hommage à nos amis disparus
L’année a été rude, huit de nos membres nous ont quitté. Chacun a apporté beaucoup à notre société, au monde littéraire et associatif des pays de Savoie.
GANTELET Léo
Né en 1940 à Seynod, Léo est issu d’une famille du terroir. Son père, cultivateur, fut maire de cette commune pendant plus de vingt ans. Après des études classiques à La Roche-sur-Foron, il se lance dans l’informatique en entrant chez Bull en 1962. Cinq ans plus tard, il crée la Sopra, entreprise où pendant dix-sept ans, il travaillera sans relâche. En 1978, des problèmes de santé l'ayant contraint à ralentir ses activités professionnelles, il crée alors à Annecy la Galerie Bagnorea où se succéderont plus d’une centaine d’expositions .Il entre à la SAS en 1995. Il est également une des chevilles ouvrières des Vendredis de Malaz. Dans le même temps, Léo réalise un vieux rêve : écrire. Plusieurs travaux, bien que non publiés, lui servent d’exercices pratiques pour affirmer ses propres idées et trouver son style. En 1999, en trois mois et deux mille kilomètres de marche, il relie Seynod à Compostelle. Sept ans plus tard, il renouvelle ce genre d'aventure en accomplissant le pèlerinage bouddhiste des 88 temples de l'île de Shikoku, au Japon. Ces deux expériences, particulièrement enrichissantes, donneront lieu à la publication de deux ouvrages et à une multitude de conférences très recherchées.
Parallèlement à cette production littéraire, pendant 20 ans entre 1990 et 2010, Léo Gantelet crée autour de sa maison un parc de sculptures. 33 œuvres de divers artistes sont disposés le long d’un chemin à caractère initiatique. Le Chemin idéal, c’est son nom, est alors ouvert à la visite durant la belle saison. En 2010, un livre, intitulé lui aussi Le Chemin idéal, est publié aux éditions de l’Astronome, parachevant après Compostelle et Shikoku une trilogie sur le thème du chemin.
Léo a été, durant 30 ans, au conseil d’administration un pilier assidu de notre société et au-delà, il fut pour beaucoup, dont je fais partie, un ami hautement apprécié, toujours souriant et prêt à rendre service.
Il décède le 26 août 2025 à Seynod, où il repose désormais.
Jean NICOLAS
Ardèchois, né en 1928, il fait des études secondaires au lycée de Privas puis supérieures à La Sorbonne. En 1952, il est reçu à l’agrégation d’histoire. Marié l’année suivante, il est père de deux garçons.
Après un cours passage comme enseignant à Versailles, il est « prof » au lycée Berthollet d’Annecy de 1953 à 1962. Il fut mon prof concis 6e et en 5e. Puis il est attaché de recherches au CNRS (1962-65), assistant à l’Université de Montpellier III (1965-1968) et maître assistant (1968-1978). Entre temps en 1976, Pierre Goubert, Pierre Vilar, Paul Guichonnet, Emmanuel Le Roy Ladurie et Jean Claude Perrot, tous membres du jury (Paris I) lui décernent le titre de Docteur en Histoire. Cette année là, il devient maître de conférence à Paris VII (1968-1970), puis professeur jusqu’en 1994.
Retraité, il est depuis 1994 professeur émérite à l’université Paris VII-Denis-Diderot. Mais depuis plus d’un quart de siècle Jean Nicolas ne cesse d’écrire pour sa passion : l’Histoire.
Plume d’Or 2010 de la Société des Auteurs Savoyards
Membre de l'Académie de Savoie 2019
Il décède en août 2026 à 97 ans.Georgette CHEVALLIER (1929
Georgette CHEVALIER
Née à Lille en 1929, elle est installée depuis 1952 à Annecy où elle a enseigné les Lettres classiques au Lycée Gabriel Fauré. Elle est mère de trois enfants et grand-mère de six petits-enfants. Très vite, elle s’est, avec son mari, intéressée à l’histoire littéraire de la Savoie et, veuve depuis 1983, elle s’est spécialisée dans ce qu’on appelle la géographie littéraire. Elle a, pendant plus de trente ans, occupé la fonction de secrétaire de l’Académie Florimontane. Membre actif de nombreuses sociétés historiques, littéraires et poétiques, en Savoie, dans l’Ain et le Dauphiné, à Paris et ailleurs, elle a été et est encore sollicitée pour rédiger des articles ou présenter des conférences dans les pays savoyards. Elle fait partie de plusieurs jurys littéraires. Chevalier de la Légion d’Honneur, officier des Palmes Académiques, Dame de l’Ordre des Saints Maurice et Lazare, elle a été l’Invitée d’Honneur du 44° Congrès de l’Union des Sociétés Savantes de Savoie (2012), dont le thème portait sur la littérature savoyarde. Elle collabore régulièrement à de nombreuses revues ou périodiques spécialisés. De l’ouvrage scolaire « Les Skis de Virginie » en collaboration avec Pamela Symonds (Oxford University Press, 1970) à l’opuscule « Mots et tableaux pour enfanteaux » (illustrations de Patricia Martin, 2012), elle a publié seule ou en collaboration une bonne vingtaine d’ouvrages divers.
Elle entre à la SAS en 2002 et elle reçoit en septembre 2017 au château de Clermont la Plume de Vermeil 2018 de la SAS.
Elle publie une douzaine de cartes postales – poèmes, plus de deux cents articles de géographie littéraire publiés dans des revues diverses de Savoie et d’ailleurs en
France
Ainsi que plusieurs livres-Amazone, Alpicom, 2003. [Un des Grands Prix 2004 au concours de l’APPEL (Biscarrosse)
-Annecy, les poètes, le lac, illustrations d’Alphonse Puthod, La Fontaine de Siloé, 1992. [Prix Région Savoie 1993]
-Broutilles, (Contes et nouvelles), Les Ménestrels, 1993
-Cinq petits contes pour Agathe, AlpiCom, 2009 (et 2012),
- Clin d’œil, La Nouvelle Proue, 1990 (et 2006),
-Contes et Nouvelles, L’Encrier, 1990,
-Il y a le feu au lac, AlpiCom, 2006,
-Itinérance, L’Encrier, 1989,
-Petits contes magiques, illustrations d’Alphonse Puthod, AlpiCom 2003.
-Rêverimes, La Vague verte, 1995
Bernard PACOT
Il est entré à la SAS en 1995. Il a voulu quitter la société, lorsqu’il est devenu éditeur ; il jugeait qu’il n’y avait plus sa place. Ce en quoi il avait tort, écrivain, poète et comédien, Bernard crée, met en scène et interprète des spectacles littéraires, poétiques et musicaux, où le texte et le mariage des Arts sont des pièces dominantes. En collaboration avec plusieurs metteurs en scène, son activité théâtrale plus traditionnelle le mène du répertoire classique aux pièces contemporaines. Il intervient aussi en milieu scolaire et associatif en promotion de la lecture et de l’écriture. Il anime les Éditions de l’Astronome. Habitant la Vallée Verte il est parti sur la pointe des pieds en cet automne 2025. Il repose désormais à Saint-André-de-Boëge.
Jean René FARRAYRE président de la SAS de 2020 à 2025
Féru de littérature, d'histoire et de vélo, il est né à Antibes en 1947.
Il fait ses études secondaires à Orange et supérieures à l'Université de Provence, où il obtint la maîtrise de Lettres. Durant huit ans, il enseigna au Maroc où il participa à différentes publications de la presse marocaine.
De retour en France, il s'installe en Haute-Savoie et, pendant une vingtaine d'années, collabore très régulièrement à un hebdomadaire savoyard. Élu président de la SAS, depuis 2020, il restait l’un des deux seuls membres fondateurs.
Enseignant de français et d’histoire-géographie passionné, il ne quittait bien souvent son travail que pour grimper sur son vélo, pour pédaler à l’infini. J'ajoute, écrivais je en 2015 que, Jean René est pour moi un ami et un compagnon de route qui, dès le départ, sans relâche, aida à la construction de la SAS. Il ne manqua aucune réunion du Conseil d’administration ou de l’Assemblée générale. Toujours souriant, très réfléchi et plein de ressources, Jean-René a réponse à tout. Et c'est tout naturellement que j’ai désiré ardemment qu’il soit élu Président en 2020. »
Je puis ajouter aujourd’hui que notre ami est parti : « Nous avons eu à régler ensemble un problème épineux et Jean-René s’est montré plus qu’à la hauteur, grâce à son talent diplomatique. Je me rappelle parfaitement du livre qu’il m’a offert le jour de son entrée à la SAS : « Carnet de voyage en Savoie », illustré par Dominique Falda. Et pour moi le savoyard ce livre fut un ravissement…
Nous tous, les sociétaires de la de la SAS, nous lui devons énormément et aujourd’hui nous sommes extrêmement tristes »
On lui doit plusieurs ouvrages, souvent épuisés, tellement sa production était intéressante, voire un ravissement. Je pense en écrivant cela à Carnets de voyage en Savoie.
- La poésie est morte... Éditions Naaman, Sherbrooke, Québec, Canada (1978) (épuisé).
- Rien. Essais poétiques. Éditions Curandéra (1981)
- Les chansons de Béatrix, comtesse de Die. Traductions de l’ancien provençal. Notes. Éditions Curandéra (1982).
- Carnet de voyage en Savoie. Illustré par Dominique Falda. Éditions Curandéra (1991)
« Et puis nous avions travaillé ensemble sur 3 ouvrages ».
- Villes et villages de Haute-Savoie. Éditions Autre Vue, Lyon (2006).
- Haute-Savoie côté nature. Éditions Autre Vue, (Lyon 2005).
- Haute-Savoie authentique Éditions Autre Vue (Lyon 2010). À cela s’ajoute une multitude d’articles sur le Chablais ou dans le Messager, par exemple.
Pierre HERISSON
Pierre, né en juin1945, était un personnage politique très connu dans notre région fils de résistant il a fais beaucoup de mandats, on retiendra surtout qu’il fut sénateur. Issu de l’école catholique d’apprentissage à Annecy-le-Vieux, puis apprenti chez SNR, il entre très tôt dans la vie active avant de s’engager dans celle de Sevrier. En 1977, il devient premier adjoint au maire, prélude à un long parcours d’élu.
Il avait intégré la Société des Auteurs Savoyards en 2024. On lui doit deux livres Du cœur à l’ouvrage et Sur mon chemin. Il est décédé le 21 novembre 2025. Il était décoré de l’ordre du Soleil levant. Et il avait été nommé au grade de chevalier de la Légion d’honneur, par décret du 15 janvier 2025.
Jacques GROUSELLE
Ce parisien ,à 35 ans cadre technique, décide de reprendre des études à Lyon au CESI. En 1970 son diplôme d’ingénieur empoche, il vient travailler dans la vallée de l’Arve. Après 40 ans de travail, il eut envie de transmettre ses observations ses réflexions, ses révoltes, ses rêves. En 2007 il reçoit la médaille d’honneur de la ville de Cluses pour son action auprès du Secours populaire et en 2010, il est fait chevalier des palmes académiques. il décède en 2025.
On lui doit notamment Parfois le monde est beau, Faut pas pleurer parfois c’est beau, des nouvelles et Phantasmes.
Rappelons-nous, pour mémoire le décès en cette fin novembre 2025 d’Ernest Nicollin, qui fut président du Conseil départemental de Haute-Savoie de nombreuses années. Si je vous en parle c’est qu’il fut durant ses mandats un fervent soutien de la société des auteurs savoyards, il nous a aidés financièrement ; il est même venu remettre la plume d’or à Michèle Tourneur château de Clermont en 1999.
Michel Germain,
Président d’honneur de la Société des Auteurs Savoyards
2026